Cet accord évite l’application de nouveaux droits de douane et une nouvelle escalade préjudiciable au commerce international. Cependant, il ne devrait pas éffacer les nombreux désaccords pointés par cet épisode de tensions. Rappelons tout d’abord que cet accord intervient dans une stratégie politique bien définie pour les 2 parties. Donald Trump s’assure ainsi un peu de croissance d’ici à l’élection présidentielle de novembre 2020, et le président chinois évite de voir la croissance passée sous les 6%. Car ce dernier taux marque la plus faible croissance depuis 1990. Pour la Chine, cette guerre commerciale a rendu plus nécessaire la transition d’un modèle basé sur les exportations, vers un développement centré sur la demande intérieure. La baisse des exportations vers les Etats-Unis, en 2019, a généré une croissance de l’investissement à 3,1%, soit le plus mauvais résultat depuis la réouverture de la Chine au monde, en 1978.

Mais côté américain, les plus de 200 milliards de dollars d’importations américaines en Chine, devraient satisfaire le monde agricole. Cela vient atténuer les impacts négatifs sur la croissance américaine, notamment dans les secteurs manufacturiers. Les droits de douane en hausse, ont provoqué une diminution relative de l’emploi, notamment à cause de la hausse dus coûts des intrants et à la mise en place de tarifs en représailles.

Mais la guerre ne pourrait être que sous-jacente, car si les Etats-Unis ont démanteler les majoration de septembre, la suppression des anciennes est renvoyée à « l’accord de phase 2 », qui pourrait intervenir après les élections américaines. Même si les premières victimes devraient être les pays non-partie prenante de l’opération. Ainsi, la France et le Brésil devraient pâtir de l’accord en matière agricole. La Chine devrait, en effet, diminuer les importations en provenance de l’Europe et des pays émergents. De plus, les Américains devraient profiter de l’accord passé avec la Chine pour le transposer à la Zone€ notamment. Les exportations allemandes, les exportations aéronautiques et celles liées à l’agriculture seraient les premières concernées.

Enfin, Donald Trump a indiqué sa volonté de réformer l’Organisation Mondiale du Commerce. Le bilatéralisme pourrait alors l’emporter sur le Multilatéralisme. De quoi poser question sur les divisions au sein de l’Europe. Un duopole est en train de se mettre en place au niveau de l’économie mondiale. Reste à savoir si l’Europe et les pays tiers s’adapteront, ou seront contraints d’accepter les décisions des 2 grandes puissances ?